VAKOG

Une Empreinte Poétique

Les personnages se croisent, nos souvenirs personnels interfèrent,
et de la scène se dégage l’émotion intense de la solitude.
Pina Bausch


VAKOG est un spectacle sonore et visuel tout public qui mêle arts visuels, danse et musique.
Cette performance est conçue comme un poème qui questionne sur le souvenir, l’empreinte que l’on laisse en soi, autour de soi ; où le palpable côtoie l’impalpable, où l’humain se joue de la machine et inversement, dans une ambiance tantôt rèche tantôt duveteuse, ponctuée de phénomènes hallucinatoires.
La trame musicale parfois criarde et dure, parfois poétique et songeuse, tirée d’un répertoire contemporain écrit et entrecoupée de moments improvisés, sous-tend le dialogue continu entre le geste et la vidéo, composé ou improvisé.

Vakog

Argument
La perception auditive et visuelle renvoie à l’histoire profondément ancrée de chacun, à ce que l’on est, à nos illusions, nos chimères, à cette fatalité invisible qui inlassablement ramène au centre de notre être, à notre nature profonde, à nos limites propres qui semblent réduire notre libre-arbitre.
Pourtant, ce chemin qui semble tracé, révèle au fur et à-mesure du jeu que rien n’est inéluctable, rien n’est sûr. L’impermanence de notre être qui nous fait tant souffrir est traitée comme une chance d’évolution continue, d’expérimentation, d’interactions ici entre l’action, son image et la perception des deux, à la manière d’un nœud borroméen ; afin de créer autant d’évènements définis induits par la forme choisie, qu’inattendus, transcendant l’œuvre globale devenue matière dont les protagonistes sont juste une des composantes.
Matière en transformation constante, fragile et multiple, chaque performance est singulière car continuellement en devenir.

Vakog

Naissance du projet
Ce projet est né de la volonté de quatre artistes expérimentées, évoluant dans des domaines différents d’explorer d’autres territoires sensoriels, d’enrichir leur art respectif d’une dimension nouvelle faisant émerger, au-delà de leurs individualités propres, la puissance collective des sens mis en éveil, dans une vibration commune.
A travers ce projet, elles souhaitent contribuer au décloisonnement des arts et élargir leur champ d’action en s’adressant à tous les publics.

Vakog

Genèse
Au départ, il y a deux musiciennes Safia Azzoug (saxophoniste) et Mitomo Fukui (pianiste) qui se produisent depuis de nombreuses années en duo autour du répertoire contemporain du saxophone. Affectionnant particulièrement deux œuvres phares du répertoire pour leur puissance dramatique (Le Chant des Ténèbres de T. Escaich) et poétique (la Légende de F. Schmitt), elles cherchaient depuis longtemps un moyen de connecter ces deux pièces musicales d’esthétiques a priori très différentes.
Par ailleurs, Safia Azzoug s’intéresse depuis longtemps aux arts numériques et Mitomo Fukui à la danse classique - qu’elle pratique elle-même - et à comment traduire le jeu sonore en images.
Elles ont eu l’idée de collaborer avec deux artistes remarquables dont elles apprécient particulièrement le talent, Bérénice Montagné (danseuse-chorégraphe) et Bérénice Palier (vidéaste).
Par chance, les deux artistes ont tout de suite été enthousiasmées par le projet et le répertoire musical proposé qu’elles ne connaissaient pas. Cette oreille neuve a conforté les musiciennes sur l’importance de mêler les arts pour élargir le champ des possibles, proposer des choses nouvelles et ne pas tomber dans le « déjà vu » .
Après quelques séances de travail – écoutes de la musique, improvisations dansées, visionnage des propositions graphiques et échanges des points de vue -, elles ont pu mettre en place une mise en scène et ainsi construire dans l’espace.
Les échanges entre la danse et la vidéo ont permis de dégager l’idée du tulle comme voile pour « Légende » et comme objet-décor pour « Le Chant des Ténèbres », contribuant ainsi à mettre en œuvre un imaginaire.
Pour « Légende », la chorégraphie est partie de nombreuses séances d’improvisations qui, au fur et à mesure, ont dessiné un même parcours, une même histoire qui se déroulent : l’intimité d’une personne, son vécu, ses souvenirs et les traces, les impressions qu’elle laisse dans l’espace, sur le tulle qui fait apparaître la frontière de l’intime jusqu’au dédoublement.
Pour « Le Chant des Ténèbres », la construction dans l’espace se fait de manière circulaire avec un point d’attraction qui se déplace sur scène ou dans le corps. Le début est improvisé avec la notion de condensation/expansion, celle du souffle, de la forme « non-humaine » qui se transforme dans une tension plus ou moins grande en fonction de la musique. Les phrases construites chorégraphiquement apparaissent en correspondance avec le thème musical tout comme dans les moments très rythmiques joués soit par le piano, soit par le saxophone. L’intérêt est porté sur les espaces laissés par la musique, les accords avec la danse qui surligne certains passages ou au contraire les désaccords exprimant toute la tension de cette pièce.
La vidéo s’insère dans ces différentes atmosphères portant, noyant, avalant ce qui se joue et s’entend.

Biographies des artistes
Fiche technique


Diffusion
FIMU de Belfort 4 & 5 juin 2017 >>